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 " Transité, travaillé par les rumeurs de l'Inouï, le chœur des acteurs se voue à servir de porte-voix à l'homme jamais en-allé, greffé à son labyrinthe-dérive comme la lèpre au château."  MBH

 

 

 

 

 

 

 

115  pages - 20 euros

EAN 9 782912 824455

 

autres titres aux éditions d'écarts :

La confession de Wolfgang A,

Clémence Marie des victoires,

Parole contagieuse,

Survie hantée de ratures, Cri bleu sur fond bleu,

Lazare ou l'équation F.

Cri bleu sur fond bleu

Âme, mon âme... crie l'oiseau dans un langage qui l'égare,

" Avec LAZARE, fou parce que son image est globalement insaisissable, quand chacune de ses paroles, chacun de ses gestes, est reconnaissable le kaléidoscope a tourné, transformant le vitrail en mosaïque abstraite... le schéma est perdu, mais

 

l'image est là, latente, comme disent les photographe... et s'impose, troublante, émouvante, aux soignants et aux spectateurs.

Mireille Batut d'Haussy a choisi une voie honnête : faire exprimer par des acteurs en jeu cette dislocation, cette mort d'un individu qui devient non-sens quand ses gestes demeurent sensés et attachants. Honnête et difficile  car paradoxalement, dire et vivre ce non-sens ou autre sens possible de toute construction composée, expose l'auteur et les acteurs eux-mêmes à tomber dans le piège qu'ils révèlent, si celui-ci n'est pas qu'une vue de l'esprit...

On mesure le risque de fracture entre acteurs, entre auteur et acteurs, entre ceux-là et spectateurs...

La réaction de chaque spectateur devient un élément composant, un de ces points fixes auxquels accrochent leur toile les Lazare qui dorment en nous ; elle concourt à la constitution d'une " super-image ", celle de l'accueil fait à l'acte théâtral lui même bien sûr, mais aussi celle de la compréhension du message qu'il véhicule...

Il y a dans le fait de présenter ces idées sous la forme d'un tableau théâtral, plutôt que d'un mémoire d'anthropologie, un geste à la fois audacieux et chaleureux comme le fut la nouvelle psychiatrie de Laing, car attention ! si le contenu est riche d'idées difficiles à saisir, la pièce n'est pas un exposé sec ; c'est une création, pas une analyse : on y vit, on y crie, on y danse...

La performance des acteurs y entretient un feu dont les flammes montent, disparaissent, ressuscitent, s'étouffent, éclatent à nouveau...

On est devant Maya, illusion continue et réalité multiforme, on est devant une vie. "

 

Revue critique par Alain Gouchet

de la 5ème version représentée

à Paris en oct./ nov.84 :